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Marché dur, marché ferme, durcissement, resserrement

Pierre Gravel | 27 mai 2020
Nous nous permettons de vous citer quelques paragraphes paru dans l’édition 2020 de la revue ACCENT de l’assurance de dommages, la référence annuelle en assurance de dommages des agents, des courtiers et des experts en sinistres.

Au Québec, depuis 2002, on observait un marché mou ou les courtiers en assurance de dommages avaient une variété de choix pour placer les risques de leurs clients. Or, depuis que les techniques de souscription se sont affinées – avec de nouveaux outils technologiques et une analyse plus approfondie des données – et que la fréquence et le coût de certains sinistres ont explosé, les assureurs se montrent plus sélectifs dans leur appréciation des risques.

En effet, Raymond Chabot Grant Thorton affirmait dans un article sur les tendances que « l’état actuel du marché de l’assurance et de la réassurance expose davantage les entreprises à des changements de tarifications, de garanties et de conditions ». Les médias ont également exposé la situation d’entreprises ayant dû fermer leurs portes à défaut de trouver une protection d’assurance. À cela, s’ajoutent les nouveaux risques – dont la cybercriminalité, la technologie et l’économie de partage – auxquels les entreprises sont de plus en plus exposées.

Si certains assureurs revoient leur modèle d’affaires, les courtiers en assurance de dommages doivent se rappeler leurs obligations afin d’éviter de causer un préjudice à leurs clients.

Pourquoi le marché se raffermit-il?

Plusieurs raisons expliquent ce changement dans le marché. Le manque de rentabilité chez les assureurs combiné à un cycle de baisse des taux d’intérêt depuis plus d’une dizaine d’années, qui amenuise le rendement des placements et les rendements de l’investissement, a entrainé une réduction de la capacité des assureurs d’absorber certains risques; par conséquent, on observe une augmentation des prix.

Autre facteur qui justifie le marché dur : le manque d’assureurs. Dans un contexte où les dix plus importants assureurs ou groupes d’assureurs présents dans le secteur de l’assurance de dommages au Québec ont recueilli 76,1 % des 10,5 G$ de primes directes souscrites, la concentration du marché contribue à réduire les options pour les courtiers.

Quels marchés se resserrent?

Ce phénomène se ressent particulièrement en assurance des entreprises. Dans plusieurs marchés, on remarque des augmentations de primes de 50 %, voire parfois 100 %, ou de deux à trois fois la prime venant à échéance : « on voit un durcissement sévère du marché dans le secteur agricole, l’industrie de la transformation alimentaire, l’aviation, l’immobilier et les copropriétés, et surtout, dans les centres de tris et de recyclage, où les courtiers n’ont pratiquement accès qu’à un seul assureur à Toronto ».

Par ailleurs, la situation devient de plus en plus critique en fin d’année quand les assureurs ou les réassureurs ont atteint leur capacité et ne peuvent prendre de nouveaux risques. Avec la hausse des franchises ou des montants de la prime, on voit de plus en plus de clients du secteur commercial qui ont la capacité financière d’assumer leurs risques ou qui peuvent s’auto-assurer, ou du moins en partie. L’important avec l’auto-assurance est qu’elle soit structurée, planifiée et provisionnée. Bien qu’il soit encore rare qu’on ne puisse replacer un risque, on voit de plus en plus, sur le marché, des dossiers qui ne sont pas replacés à 100 % et où il faut recourir à une limite de perte, appelée en anglais loss limit.

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À propos de l’auteur

Pierre Gravel

Pierre Gravel est Directeur de comptes principal, gestion des risques chez Lussier Dale Parizeau.

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